Article paru dans le journal bhoutanais Kuensel Newspapers le 1er février 2010 - Chaque année, des milliers de yogis, maîtres, érudits et pratiquants de la religion Drukpa convergent du monde entier vers Katmandou, au Népal, pour leur Conseil Drukpa annuel (ADC, de l’anglais Annual Drukpa Council) afin d’échanger des idées, de renforcer les relations au sein de la lignée et de partager la richesse de son héritage spirituel.
C’est la plus grande assemblée au monde de maîtres de la lignée Drukpa.
Le 9ème Khamtrul Rinpoché, Son Éminence Jigmé Péma Nyinjadh, président de l’ADC, a pris sur son temps pour parler à Tenzin Namgyel, de Kuensel, du second Concile programmé à Katmandou du 8 au 16 avril.
Pouvez-vous nous exposer brièvement en quoi consistera le second Concile ?
Le thème du 2ème ADC est « Respecter et apprécier avec amour et compréhension ».
L’accent, cette fois, est placé sur l’appréciation et le respect des individus, quelles que soient leurs origines et leur culture. Cela dépassera les membres de notre propre sangha (la communauté bouddhiste) dans la mesure où il s’agira d’éveiller notre conscience de l’autre et notre intérêt pour lui, pas seulement au moyen d’activités spirituelles, mais aussi à travers nos diverses actions humanitaires et de bienfaisance.
Parmi celles-ci, un concert « Live to Love » aura lieu un soir, auquel participeront des musiciens populaires des années 60 et 70 tels que Donovan. Les recettes seront affectées au développement de l’éducation et de la santé, à la préservation de la culture et de l’environnement dans l’Himalaya, et aux victimes de catastrophes naturelles.
Le 2ème ADC mettra aussi en lumière l’importance des pratiquants féminins de la lignée Drukpa. Ce sont environ 800 nonnes qui accompliront le rituel Drubpa.
Combien de maîtres et d’érudits se joindront au rassemblement cette année, et combien viendront du Bhoutan ?
Le 1er ADC, tenu en 2009 au Mont Druk Amitabha, au Népal, a enregistré plus de 10 000 participants parmi lesquels des maîtres venus du Bhoutan, du Népal, du Ladakh, du Tibet, de l’Asie du Sud, de l’Europe et d’ailleurs en Occident. Mais nous prévoyons cette année que davantage de maîtres et d’érudits viendront, du fait que plus de gens sont conscients de l’importance de l’ADC.
Le Bhoutan est le seul royaume au XXIe siècle ou le Vajrayana (bouddhisme tantrique) est prospère et bien établi. J’espère qu’il y aura plus de participants bhoutanais cette fois, car ce sera l’occasion pour les participants de tous les pays de découvrir l’héritage spirituel et culturel unique du Bhoutan.
Nous avons reçu confirmation de quelques Rinpochés et Lopöns (enseignants) bhoutanais, et nous en attendons davantage, surtout de la part des représentants du Dratshang (du corps monastique).
Pourquoi la majorité des volontaires pour gérer le protocole lors du 1er ADC étaient-ils bhoutanais ?
Les Bhoutanais possèdent un riche héritage spirituel, culturel et traditionnel, une évidence quand on considère leur façon de pratiquer leur religion, de se comporter correctement et de conserver leurs valeurs essentielles.
La capacité des jeunes volontaires bhoutanais de gérer l’étiquette et le protocole requis est très naturelle comparée à celle des volontaires européens ou d’autres pays asiatiques. L’étiquette traditionnelle en vigueur parmi les pratiquants bouddhistes du Vajrayana leur est familière, ce qui est très important lorsqu’on s’occupe de Rinpochés.
En outre, la plupart des Bhoutanais parlent au moins trois langues familières aux Rinpoches : l’anglais, le hindi et le népalais. Ils sont à l’aise dans le paysage népalais et connaissent la culture du pays. Les participants au 1er ADC ont fait l’éloge des volontaires bhoutanais, trouvant qu’ils constituaient un groupe intelligent, humble et gracieux.
À qui bénéficierait l’ADC et de quelle façon ?
L’ADC rassemble des maîtres Drukpa qui ont préservé et développé les 800 ans d’héritage de la lignée Drukpa pour le bien de tous les êtres. Notre but ultime est d’encourager les individus à travers de tels conciles annuels et d’autres moyens aussi, afin de les aider à construire un bonheur intérieur authentique.
Les catastrophes naturelles, les guerres et les crimes sont une manifestation directe de l’ego et d’une profonde ignorance. Selon la loi de l’interdépendance, tout ce qui se produit dans le monde est une conséquence directe ou indirecte de nos actes.
Il est extrêmement important en ces temps de dégénérescence, pas seulement pour les maîtres mais aussi pour les individus, de nous unir dans notre recherche continuelle d’encouragement sur le chemin de la paix intérieure et du bonheur, dans les pas du Bouddha.
Dites-nous quelques mots sur la précieuse Rangjung Kharsapani (relique spontanément apparue) sur une vertèbre de Tsangpa Gyaré, fondateur de la lignée Drukpa, qui sera exposée lors de l’ADC.
Les bodhisattvas naissent pour aider les êtres à se libérer du khorwa (samsara, cycle des existences) par divers moyens susceptibles de les éveiller. Quand les bodhisattvas meurent, ils prient pour que leurs restes (sous forme de reliques) éveillent tous les êtres vivants à travers leurs sens de la vue, du toucher, de l’odorat, du goût et de l’ouïe, et de cette façon les libèrent.
La vue des reliques fait naître foi et dévotion, qualités intégrantes de l’ouverture de l’esprit vers la libération. C’est pratiquement comme voir le Bouddha ou Gourou Padmasambhava en personne, et cela permet la réalisation des souhaits et des prières des individus qui les voient.











